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 Mésaventures amoureuses 3 la resuite...

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kunndalini
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Date d'inscription : 05/09/2006

MessageSujet: Mésaventures amoureuses 3 la resuite...   Mar 5 Sep - 6:02

C’est vers 8h30, que je parvenais dans la cité des affaires. Mes pensées nostalgiques venaient de déserter la place et je devais maintenant m’intégrer dans le flot incessant d’une multitude laborieuse et frénétique. Dans cette hémorragie de cadres clonés, il était urgent de ne pas se faire remarquer, en effet l’un d’eux pouvait s’avérer, dans cinq minutes, être le patron de mon département… Une fois ma paranoïa bien réinstallée, je pouvais reprendre le cours de mon débarquement. Devant l’immeuble de verre de Global Power, je marquais une pause et me répétais ces quelques consignes de survie. Tu souris et tu observes, tu ne critiques rien et tu ne mets pas tes doigts dans ton nez, voilà pour ce qu’il en était des règles de base. Je pouvais dès lors m’engouffrer dans l’antre du libéralisme, armé de mon seul courage et de mes dernières illusions. Dans le hall glacial, l’hôtesse d’accueil m’accrocha d’un sourire calibré, je m’apprêtais à plaisanter, lorsque soudainement une ombre vint s’interposer dans un souffle.

-Bonjour monsieur Oméro ! Gérôme Verveine, je suis le Marcelron du département.
-Bonjour, je suis ravi de vous rencontrer,
-Bon, je vous offre un café dans mon bureau, on va parler de votre intégration,
-Très bien, je vous suis, au revoir mademoiselle !

Après une ascension souriante et convenue, nous arrivâmes dans les locaux regroupant les deux agences du département. Assis face à moi, Gérôme me faisait état de ses brillants états de service dans la boîte. Il n’était pas peu fier d’avoir gravi tous les échelons à la force du poigné. Il m’expliqua ensuite d’un ton solennel la vision de G.P et ses attentes en terme de résultats. Après trente minutes d’un flot ininterrompu d’automassage narcissique, il me libéra et m’invita à rejoindre la responsable d’agence sur le départ. Gwenaëlle était une jeune femme dynamique et carrée. Apercevant mes efforts pour contenir un effroyable bâillement, elle décida de me guider vers le mausolée du Dieu local. Invisible dans son armure de fer, ce bienfaiteur que l’on nomme Café, trôné au carrefour des deux agences. Gwenaëlle m’expliqua alors dans ne sourire dévot, qu’il faisait l’objet de nombreux pèlerinages. De retour dans son bureau, elle me présenta les difficultés que j’allais rencontrer dans l’exercice de ma fonction. En effet les produits de l’agence fonctionnaient avec un système informatique dédié, les contrats étaient spécifiques et les habitudes de travail aux antipodes des procédures G.P. Après un rictus nerveux, elle conclue sa diatribe par une description des membres de l’équipe.

-Tu devras gérer trois assistantes commerciales âgées de 25 à 48 ans et trois commerciaux qui sont dans ta tranche d’âge, environ trente ans.
-Bien, comment voient-ils ton départ ?
-Globalement ils sont déçus que je parte, nous étions une famille tu sais. Ils ressentent ma promotion comme une trahison et craignent de perdre leurs postes dans le futur.
-Ont-ils des raisons de s’inquiéter pour leur avenir ?
-C'est-à-dire qu’avec nos actionnaires américains, il faut du rendement, si l’agence ne se développe pas, elle sera peut-être absorbée par l’autre agence du département. Mais bon, ce n’est pas fait et tu verras, ils sont motivés pour réussir ce challenge.

Voilà comment, dans un silence pesant, je découvris l’ampleur de ma tâche. Seul un kamikaze aurait pu espérer réussir ce défi, pourtant ma motivation été déjà bien installée. Je décidais donc de tenter l’aventure en m’impliquant dès la première semaine dans un diagnostic rigoureux. Ma méthode était simple, recevoir chacun, tout écouter sans préjugés et vérifier les informations importantes avant de m’en faire une religion. A la fin de cette analyse, j’apercevais finalement la charpente d’injustices qui soutenait l’ensemble. La stratégie, qui consistait à diviser pour mieux régner, avait fait des ravages dans les cœurs. Je devais donc tenter de rétablir une certaine impartialité et peut-être réaliser aussi ce qui était le plus difficile pour moi à cette époque, prendre de la distance sur le plan affectif.
Comment utiliser leurs talents sans les manipuler ? Convaincre plutôt que contraindre et enfin favoriser le processus de deuil d’une équipe désorientée. Etait-ce possible et en étais-je capable ? La manipulation comme mode de management avait conduit l’équipe au bord de l’épuisement psychique. Je devais donc rester serein et impartial afin que chacun retrouve son autonomie affective.

Etrangement, l’assistante la plus expérimentée, avait en gestion 10% du portefeuille clients de l’agence, quant à la plus jeune, Alice, elle se noyait dans de ce qui représentait près de 50% de la clientèle. Gwenaëlle était ainsi parvenu à museler son indépendance rebelle. Je compris dès lors que cette « famille » était au bord de la crise de nerfs. Elle avait ses boucs émissaires, ses privilégiés et ses tire-au-flanc. Devant de tels déséquilibres j’entrepris un véritable chantier de reconstruction. La réaction de Colange « madame 10% » ne ce fit d’ailleurs pas attendre. Tel un ouragan indomptable elle s’engouffra dans mon bureau, puis abdiquant devant mon sourire imperturbable, elle s’effondra en sanglots tel un cétacé échoué sur une belle plage ensoleillée. Comment pouvais-je doubler sa charge de travail ? Alors même quelle s’était attribuée un rôle de supervision de l’équipe. Une fois calmée, elle m’expliqua qu’elle pouvait être mes yeux et mes oreilles au sein de l’agence. Si je convenais que son rôle avait pu être essentiel par le passé. Je lui annonçais aussi, que les temps avaient changés et que son aide devenait précieuse dans la perspective de rendre l’agence plus compétitive. Elle finit pas acquiescer en haussant légèrement les épaules, mais elle tenta dans un dernier sanglot de conserver le choix des clients qui lui seraient affectés. Elle collabora donc à la restructuration des portefeuilles et accepta aussi de tempérer, les ardeurs de son geyser affectif. Je savais désormais qu’elle m’avait jugée et condamnée du haut de son expérience. Ancienne assistante de Gérôme, elle mettrait désormais ses talents d’informatrice, à son service.

La suite de l’intégration me permis de rencontrer les autres membres de l’équipe. Une certaine Noëlle était la plus étrange car à chacune de mes apparitions dans l’espace réservée aux assistantes, elle disparaissait derrière son micro, tel un Bernard L’ermite. Petite et chétive elle devait croire que mes yeux la jugeaient en permanence, ce qu’elle me confirma d’ailleurs un peu plus tard. Ne pouvant changer mon regard, je lui proposais de me poser des questions à chacun fois qu’elle s’interrogerait sur mes attitudes. Le remède fonctionna et Noëlle transforma peu à peu sa vision paranoïaque, en un juste échange de points de vue. Alice quant à elle put constater la forte diminution de sa charge de travail car elle sortait enfin du purgatoire. Pourtant toujours distante, son corps frêle contrastait avec l’énergie rebelle qu’elle projetait autour d’elle, tel un volcan convulsif. Alice avait perdue toute confiance dans la hiérarchie, elle venait chercher un salaire et le reste ne la concernait plus. Dans cette période de tension permanente, je luttais quotidiennement afin de ne pas me laisser submerger par des vagues incessantes, de rires et de larmes. M’agrippant définitivement à la barre du gouvernail, je tentais de faire face à ces tempêtes de sentiments ambivalents. Voilà plus d’un mois que je pilotais l’agence et son nouveau visage commençait doucement à émerger. Par un beau matin d’hiver, un des trois commerciaux de l’équipe sollicita un entretien. Il s’agissait de Christophe, un grand gaillard élancé et sûr de lui. Je fus très surpris lorsqu’il m’annonça fièrement qu’il souhaitait démissionner. Tentant alors de comprendre ses motivations, je devais rapidement abdiquer devant sa détermination. Anticipant une nouvelle épreuve pour l’équipe, je tentais de gagner du temps, mais ce fut peine perdue, il souhaitait partir dès que possible. Lorsque Gérôme appris la nouvelle, il décida de faire le siège de mon bureau. Le regard droit derrière ses lunettes à monture d’acier, il voulait que je fasse le maximum pour retenir Christophe. Tirant nerveusement sur son cigarillo, il ne comprenait pas cette décision. Il me demanda alors, d’un air suspicieux, de lui commenter mes dernières décisions, mais ne trouvant rien à y redire, il acheva de plonger mon bureau dans un brouillard piquant et moite. A sa sortie, je me sentis sonné comme un boxeur cueillis à froid.
pale
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