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 Mésaventures amoureuses 4 la reresuite...

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kunndalini
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Nombre de messages : 14
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MessageSujet: Mésaventures amoureuses 4 la reresuite...   Mar 5 Sep - 6:03

Dans un réflexe de survie, j’ouvris la fenêtre de mon bureau, espérant retrouver un peu de lucidité. Dans un second temps et afin de mieux comprendre les motivations de mon commercial, je me décidais à contacter l’ancienne responsable. Celle-ci m’expliqua alors que le poste avait été également convoité par Christophe. Dès lors, Gérôme qui ne le jugeait pas apte à la succession, ajourna posément ses espoirs de promotion. Ainsi donc, j’avais dû me justifier pendant près d’une heure, tentant en vain, de lui expliquer son propre choix. Si le dévouement de mon boss pour G.P était légendaire, sa mauvaise foi l’était aussi.

Cette drôle de journée me parue plus longue que les autres. J’annonçais donc calmement le choix de Christophe aux autres membres de l’équipe, qui feignirent de découvrir la nouvelle. De retour dans mon nid d’aigle, je méditais alors sur les manipulations du jour sans bien les comprendre. L’autre chef d’agence, Henri de la Treille, fils d’un notaire de province, m’avait assuré de son soutien dans la difficile mission qui m’incombait. Mais force était de constater qu’il jouait le rôle d’indicateur auprès de Gérôme et que mes états d’âmes l’intéressaient, autant qu’il pouvait les monnayer auprès de son maître. Malgré ces pensées nauséabondes, je tentais de faire croître la flamme de mes désirs. Nous approchions de la fin du mois et dans un élan candide je m’apprêtais à découvrir ma première soirée d’entreprise au sein de G.P.

Ma cure de sobriété et mon retour au footing dominical avaient redynamisé ma silhouette. Mon visage cireux prenait désormais des teintes plus tendres. J’étais de nouveau un jeune actif et comme mes pairs je devais être à la hauteur de cette société des apparences. Sitôt rasé, je jetais ma coiffure dans le vent chaud de mon séchoir. Le sourire équilibré, le regard droit et solide comme un chêne, je pétillais d’envies. Je n’étais plus là pour supporter ma vie, mais bien pour la construire. Dans un élan de douce folie, j’ouvris alors la fenêtre de ma chambre et face à la lune, je lançais un vibrant appel aux gazelles de la nuit. L’Oméro endormi des mois difficiles n’était plus qu’un mauvais souvenir. Testant mon apparence, j’usé mon miroir à y chercher le détail qui annulerait mes effets. A vingt heures, j’étais enfin opérationnel, quittant alors mon immeuble gris d’un cœur léger, je m’encastrais dans le siège de mon sombre vaisseau. Une fois garé, j’avançais d’un pas décidé vers le lieu de tous les dangers et de toutes les joies. De nouveau célibataire et vêtu de neuf, protégé par mon statut social, j’arborais fièrement sur mon plastron, mes nouvelles névroses, comme autant de médailles scintillantes.

Montrant Marcelte blanche au videur local, je pénétrais alors dans une salle déguisée aux couleurs de Global Power. Au vestiaire une hôtesse m’offrit un pins représentant le logo de la firme. Craignant de devoir porter une casquette siglée sur mon brushing, je lui adressais un regard perplexe. Une fois soulagé, je dévalais les marches rougeoyantes menant vers la salle principale. Parvenant dans une vaste agora, cerclée de colonnes qui supportaient des tables apprêtées, je me risqué à une inspection plus approfondie. Une partie de la salle était recouverte d’une scène où siégés les membres du comité de direction. Tels les dieux du mont Olympe, ils regardaient en contre bas s’agiter leurs salariés. Cette invention était la leur et ils semblaient s’en amuser tout en gérant les imperfections du système. Une part importante de l’entreprise était présente, des techniciens, des managers, des commerciaux, des assistantes, tous gravitant autour des services du siège. Cette communauté d’intérêts grouillait calmement dans un brouhaha régulier. Chacun arborait son plus beau sourire et faisait fonctionner mécaniquement sa langue de bois. A mon niveau, je m’intégrais doucement, sans oublier qu’il y a deux mois de cela, j’étais sur le bas côté de la route, aux aguets, seul mais libre. Gérôme m’apercevant alors, m’invita par un signe nerveux à le rejoindre au fond de la salle, je lui fis donc allégeance en intégrant sa cour. D’un ton solennel, il nous informa qu’une importante décision serait annoncée à la fin du show. Intrigué, nous lui demandâmes plus de précision, c’est alors qu’il interpréta son rôle favori, celui de la Diva qui ne nous dirait rien. Satisfait de sa prestation, il camoufla sa malice dans un mystérieux nuage de Cigarillo Muerte.
Au sein de l’assistance on pouvait apercevoir des petits îlots habités. Voguant dans cet archipel inconnu, je prenais le temps de faire connaissance avec mes compagnons de route. Rencontrant certains membres de l’équipe, je fus surpris par leur étonnement. En effet, je venais de fausser compagnie à mon manager et par cet acte, j’affirmais ma volonté de demeurer autonome. Colange apercevant la scène, me lança un sourire étrange. Je compris par l’intensité de son regard, que je ne manquerai pas de payer la note de cet acte audacieux. Ignorant cette nouvelle épée de Damoclès, je faisais comme tout le monde, j’écoutais les paroles divines, d’un esprit absent. Les résultats étaient bons, mais pouvaient être meilleurs. Le marché était de plus en plus concurrentiel, mais nous avions de réels atouts à valoriser. Nos équipes étaient performantes mais nous allions tous devoir passer à la moulinette des formations internes de Global Power. Regardant furtivement les visages de mes collègues, je tentais d’y percevoir vainement un espace de liberté. Les traits étaient crispés et les regards droits laissaient entrevoir beaucoup d’esprits aux abonnés absents. Ce n’était qu’une mauvaise heure à passer et malheur à celui qui aurait applaudit trop tôt. Après le cérémonial, les estomacs se mirent à revendiquer fortement leurs envies de se rassasier. Les buffets étaient semblent-ils très réputés chez Global Power, ceci expliqué peut-être en partie la présence massive des salariés. Le final du show fut ponctué par l’intervention des responsables de départements qui remettaient des « awards » à leurs collaborateurs préférés. Seule cette partie du spectacle sembla émouvoir l’assistance. Les âmes tendues, attendaient fébrilement d’être conviées sur le plateau de la félicité. Des hourrah ! Et des Hum ! Ponctuèrent la remise des récompenses financières, sans oublier le diplôme qui matérialisait l’adhésion aux valeurs de Global Power. Gérôme nomma Colange et son « ami » Henri de la Treille pour l’année passée à accomplir des prouesses digne des titans. Le show fût clôturé par le mot du Président qui annonça alors, dans un silence de mort, qu’il quittera l’entreprise à la fin du mois. Après trente années passées à servir ses actionnaires, ceux-ci l’avaient remercié au profit d’un génie de trente cinq ans, diplômé de la HighSuperSchool de Global Power. La plupart des salariés assujettis au monarque destitué, rangèrent leur bonne humeur et entamèrent le deuil de leurs privilèges. Les autres, les plus audacieux, commencèrent à honorer le nouvel impétrant.

De mon côté l’émotion n’était pas vraiment au rendez-vous, trop récent dans ce panier de crabes, je préférais me concentrer sur une certaine Maïna. Dont le charisme et la prestance éclipsaient sans mal ses congénères. Toutefois elle ne répondis pas à mes sourires et afficha même une certaine indifférence de toute beauté. L’heure de l’apéritif qui venait de sonner créa un raz de marée d’estomacs en souffrances, qui s’effondra soudainement sur le pauvre buffet.

Malgré les convives qui faisaient son siège et en jouant des coudes, je parvins à atteindre la pyramide de jambon fumé et les olivettes safranées. En retrait, je remarquais alors, la moue désappointée de Maïna qui faisait face à ces combats épiques. Emu par son regard d’émeraude, je décidais dans un élan acrobatique, de lui conquérir une coupe de champagne. Enfin victorieux, je m’autorisais à approcher la belle indifférente. Tel un primate, pensant avoir conquis le droit de séduire sa promise, je lui tendis fébrilement la coupe aux éclats de jasmin. Bien qu’elle fût surprise de ma démarche, elle saisie la coupe d’un geste harmonieux et m’accorda un aimable sourire. Ensuite, telle une vague langoureuse, elle reflua pour rejoindre son équipe. Le contact fût bref, mais elle m’avait remarqué. C’est alors, qu’Antoine, le basketteur de mon équipe, attira mon attention sur un détail de mon anatomie. En effet, après un court séjour aux toilettes, j’avais déambulé pendant près d’une heure, la braguette grande ouverte. A mon corps défendant, j’étais devenu le clown de la fosse et personne n’avait jugé bon de m’en informer. Antoine du haut de ses deux mètres, eu la gentillesse de faire écran pour masquer le peu de dignité qu’il me restait. Je comprenais mieux alors l’origine de ces regards gênés. Après ce petit moment de solitude et quelques verres, je fus en mesure de zigzaguer imperceptiblement en direction de mon équipe attablée sur la mezzanine.
affraid
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