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 Mésaventures amoureuses 5 la presque fin...

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kunndalini
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MessageSujet: Mésaventures amoureuses 5 la presque fin...   Mar 5 Sep - 6:05

Lorsque la salle fut plongée dans une pénombre ambrée, le comité de direction organisa une caravane en partance pour l’oasis réservée aux rois mages. Toutefois, ils durent endurer pendant leur périple, les sourires ou les larmes de circonstances. Nous étions près de deux cents invités à gesticuler en tous sens. Les dames de la cour, costumés jusqu’à l’extravagance rivalisaient d’audaces dans leurs toilettes neuves et flamboyantes. Leurs visages masqués par de fines couches sophistiquées et odorantes éloignaient avec un certain brio, la pâleur d’un hiver qui jouait les prolongations. Les cadres de leur côté ne présentaient pas de nouveautés vestimentaires remarquables, seuls quelques techniciens avaient ressorti pour l’occasion leur costume de noces. Dans cet aréopage de personnalités siglés G.P, je mesurais les efforts qu’il me restait à fournir pour gagner le droit de citer. Lorsque j’arrivais enfin à ma table, je retrouvais Antoine hilare comme à son habitude, le verre plein et le visage rougeoyant. Les autres convives me saluèrent aimablement en prenant soin d’éviter du regard une certaine zone rebelle de mon anatomie. Afin de distraire leur attention, je me présentais d’une manière institutionnelle mais ne pus échapper aux traditionnelles questions posées au nouvel entrant.

-Oui Tristan, dis nous ce que tu a pensé du discours !
-Tu sais Antoine, le discours était intéressant et plein de promesses pour l’avenir de G.P.
-Ah oui je suis d’accord avec toi, avec la nouvelle direction on va enfin s’éclater !
-Que pensez-vous de votre équipe ?
-Sylvie, mon équipe est à l’image de G.P, professionnelle et en perpétuelle construction.
-Ouais, mais tu sais on en a bavé pendant deux ans pour être reconnu dans la boîte !
-Je pense Antoine que la base est là, nous allons pouvoir bâtir notre réussite sur du solide !
-Tout à fais d’accord, alors levons nos verres à ton arrivée et aux changements…

Dans une ardeur commune nous fîmes retentir nos espoirs cristallins, en espérant exorciser notre peur de l’inconnue. Nous tentions alors de rattraper un avenir radieux, qui n’avait de cesse de s’éloigner à chacun de nos pas. Afin d’oublier notre condition, nous commençâmes à entonner tous en cœur, tels des shadoks sous extasies, un joyeux anniversaire en direction de Maïna. Tentant alors vainement de l’apercevoir derrière le gâteau étincelant de ces trente ans, je m’égosillais dans un crescendo incertain. Transporté par une douce ivresse, je fus chaleureusement accepté dans cet univers. Dans un rire enthousiaste, je me mis alors en tête d’inviter chacune des femmes de mon équipe, pour une valse débridée. Les monarques nous quittèrent discrètement et un vent de douce folie, s’engouffra dans nos esprits échauffés.

C’est alors, qu’une tornade de chansons populaires, submergea la piste de danse. Les robes de soirées affriolantes laissèrent brusquement entrevoir, des parcelles de chaires sensuelles ou des poitrines revanchardes. On sentit flotter un étrange parfum aux accents libertins, qui grisa l’assistance. Ce carnaval débridé dura quelques heures lorsque les plus motivés décidèrent de terminer leur soirée en boîte de nuit. Antoine, les yeux débordant de vin, me proposa de les suivre. J’allais refuser poliment son invitation lorsque j’appris que Maïna était aussi de la partie. Afin de préserver de vaines apparences, je feignis d’être un peu fatigué, mais sans grand succès. Ne parvenant pas à remettre la main sur mon véhicule, j’optais finalement pour l’option sagesse et un taxi accepta de m’y déposer. Le physionomiste s’apprêtait à me renvoyer à mes chères études, lorsque Antoine débarqua d’un pas chaloupé. Sourire aux lèvres, il fit fondre la montagne de muscles qui encaissa au passage sa petite commission. Une fois au centre de la terre, nous fûmes escortée par une hôtesse pulpeuse. Hélas, cerné par mes collègues, j’eu beaucoup de mal à m’approcher de Maïna, qui montrait pourtant quelques signes d’intérêts à mon égard. Pendant que je regrettais silencieusement, le temps béni des slows de mon adolescence, elle me rejoignait sur le canapé VIP. De hurlements en hurlements nous échangeâmes des idées générales sur l’entreprise, pendant que nos regards se pénétraient imperceptiblement. Enfin et malgré l’infernal vacarme qui nous enveloppé, mon âme s’apaisa.

Maïna partageait en riant mes exposés sur la nécessité de déguster un bon sandwich, après une beuverie ou le fait de pratiquer des siestes éclaires au bureau. Au-delà des mots et des idées échangées, je percevais la naissance de notre complicité. Elle occupait depuis cinq ans un poste d’assistante marketing. Parce qu’elle était une femme du siège, nous ne faisions pas partie de la même caste. Pourtant, rendue insouciante par les cocktails détonants du Diablo, elle osa me confier qu’elle était en transit entre une histoire d’amour finissante et une nouvelle passion dévorante. En l’espace d’une heure, j’étais devenu le confident involontaire de ses sentiments. Je découvrais alors avec surprise, que ma princesse aux yeux verts, vivait un amour d’adolescente avec l’un des commerciaux de mon équipe. Si je comprenais mieux dès lors son intérêt pour moi, je restais toujours sous le charme de sa voix et de sa sincérité juvénile. Sacré Brice ! Il était jeune et bien né, d’une culture encyclopédique et pour couronner le tout, fin commercial. Que pouvais-je lui reprocher, si ce n’est d’avoir conquis le cœur de la plus charmante collègue qu’il m’est été donné de rencontrer. En guise de conclusion Maïna m’expliqua qu’elle désirait toute ma discrétion. Je m’y engageais donc en prétendant partager son nouveau bonheur. Quelques verres plus tard, je quittais d’un pas solitaire le Diablo. En regagnant mon nid d’aigle, mes sentiments ambivalents finirent par me rendre toute ma lucidité. Si j’étais heureux d’avoir obtenu le statut de confident, je ne pouvais plus me départir d’un sentiment d’infinie tristesse. Amer Cyrano sur le retour, je gravissais lourdement les étages sans fins, de ma tour infernale. Arrivé hébété sur le seuil de ma chambre froide, je lançais alors un corps incertain dans les draps profonds de l’oubli.

Les mois s’écoulèrent au sein de G.P et je pu enfin installer un rythme de croisière dans la gestion de mon équipe. Colange continua à investir mon bureau comme une place forte afin d’obtenir de petits avantages. Alice continua d’interpréter son rôle de martyre, mais plus personne n’y prêtait attention. Henri de la Treille, de son côté profita de mes absences pour réunir mon agence, dans le cadre de réunions informelles. Gérôme n’y trouvant rien à redire, m’accusa de faire un peu de paranoïa réflexe. Antoine du haut de ses deux mètres continua quant à lui ses interprétations théâtrales, du commercial au bord du gouffre, qui ne pourrait plus financer la maison que son épouse convoitait. Brice de son côté qui resplendissait de bonheur, alla jusqu’à se plaindre de l’assiduité de sa maîtresse. Pour ma part, l’amour avait pris ses RTT et mon désert affectif ne cessait de s’étendre. Sur le plan professionnel, les clients avaient repris le chemin de l’agence et l’équipe assistait plein d’entrain au reflux de la réussite. Malgré cela, mes pensées vagabondes me ramenaient toujours à Maïna et à ma promesse de ne plus céder aux aventures professionnelles. De toute évidence, je ne pouvais plus lutter efficacement en restant seul. Je pris donc la décision de m’inscrire à la chorale de mon quartier pour me faire de nouvelles relations et ainsi échapper à mon isolement citadin. Pourquoi une chorale ? Je ne sais pas, j’aimais chanter à cette époque et c’était une expérience originale à tenter. Ainsi, deux fois par semaine, j’allais m’égosillais avec les jeunes retraités de mon quartier. Si mon objectif de rencontrer de nouveaux visages était atteint, celui de trouver l’âme sœur laissait encore à désirer. Néanmoins, je trouvais beaucoup de plaisir à exprimer mes frustrations de manières harmonieuses, le professeur de chant qui avait un humour potache, caché aussi derrière ces doubles foyers une rigueur structurante. Le groupe était homogène et de ma place de ténor, j’eus en de nombreuses occasions la sensation d’une énergie qui vibrait en moi. J’aurai pu me noyer dans certains crescendo, mais la rigueur du chant me ramenait toujours à ma pesante réalité, j’étais devenu un jeune retraité de l’amour. Luttant contre cet état d’apesanteur et de célibat forcé, je me décidais enfin à séduire la seule choriste dans le groupe en âge de procréer. Tel un ange Inès, une douce et belle alto trentenaire, vint nous rejoindre en cours d’année. Elle n’eue dès lors aucun mal à envoûter mes sens et je devins le captif volontaire de sa prison érotique. Notre jeune union contribua à mon équilibre tout en me permettant de m’épanouir dans le nid douillé de nos ébats amoureux.
Personne en dehors de Marcel n’était au courant de mes vocalises, car mes origines méditerranéennes ne l’auraient pas supporté. Pourtant, lors d’une visite au siège de G.P, je rencontrai Maïna qui semblait plus sombre qu’à l’ordinaire. En tant qu’ancien confesseur elle accepta de partager avec moi ses états d’âme à l’occasion d’un déjeuner sur le pouce. Elle m’expliqua alors qu’elle avait prise la décision de se séparer de Brice, elle devait d’ailleurs déménager ses affaires le week-end suivant. Leur passion n’avait pas supporté le poids de la vie commune et les manies du couple avaient, semble t’il, sonné le glas de leur amour fusionnel. Pour la faire rire, je lui racontais mes progrès chevrotants à la chorale Sainte Lucie. Forçant le trait, je grimaçais de mon mieux pour lui démontrer mes nouveaux talents de ténor. Elle riait avec candeur et m’engagea à l’inviter à notre prochaine représentation publique. Nous nous séparâmes sur des rires complices et de retour à l’agence je tentais de comprendre les motivations qui poussaient Brice à laisser partir une telle femme. Agé de vingt-cinq ans le regard fière, d’un bleu azur, il semblait à l’étroit dans sa vie. Dans sa famille la réussite était inscrite dans les gênes et il souffrait intérieurement de ne pas être un Docteur, en quelque chose, à l’instar de ses frères. Maïna, de cinq ans son aînée, avait su le comprendre et réconforter ses angoisses dans un amour exclusif. Brice de son côté, en avait profité pour rebâtir ce que certains appellent « l’estime de soi » et fort de cette nouvelle énergie, il était parti à la conquête du monde et des femmes. Comprenant ses motivations mais ne dévoilant rien de mes sentiments, je continuais mon rôle de manager impartial. Les mois s’écoulèrent lentement et Maïna fût de nouveau disponible. cheers
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